Adieu,

Quand je t'ai vue partir, guidée par d'autres mains,
D'une allure rapide ,allant vers ton destin,
Dans ta robe brillante et d'une grâce achevée,
J'ai senti dans mon âme le chagrin s'installer.
Incapable soudain de pouvoir réfreiner
Une mélancolie qui naissait, spontanée,
J'ai découvert le lien qui m'unissait à toi.
Pendant six ans j'avais dosé du bout des doigts
Ton énergie docile. Partant tôt le matin
Nous avons empreinté de très nombreux chemins,
Sous le soleil brulant ou sous la pluie battante,
Quand le froid nous gelait, quand soufflait la tourmente,
Nous avons vu beaucoup de  très beaux paysages,
Des couchers de soleil, des mers ,des fleuves sages,
Des monts couverts de fleurs, des vallons oubliés
Des villages vivants, des villes ensommeillées.
Tu ne refusais pas la longueur de la route,
Tu avançais, fidèle,  étant à mon écoute.
Je t'aimais ,,j'en suis sûr, mais le temps use tout.
Il avance rigoureux, offrant d'autres atouts,
C'est la vie qui ,sépare irrémédiablement,
Etouffant peu à peu, quotidiennement,
L'amour ,l'admiration qui occupaient ma vue
Et changea l'horizon de la route prévue.
On se quitte un matin, on se croit sans regret,
Mais l'on garde en mémoire, dans un endroit secret,
Des souvenirs heureux, des images gravées
Qui reviennent parfois, brusquement ravivées.
J'ai pris tant soin de toi! Tu es toujours très belle,
Tu refais une vie et l'amour  t'appelle,
C'en est fini de nous, notre aventure  fut brève,
Je ne te verrai plus, fini aussi le rêve
Les regrets sont stériles, il faut tourner la page,
Hier n'existe plus, il est sans héritage.
Choisir c'est renoncer.Mon âme romantique
Te lance un dernier cri:"Adieu , chère Scénic!"
 
Jean Caldaguès.
Mars 2009

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