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       Novembre 2022

 

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Découvrez le contenu de votre dernier journal n° 42 de Janvier, Février et début Mars 2023.


Concert avec l’Académie de musique vendredi 16 décembre en l’Église de la Madeleine
: « Requiem de Mozart » voir affiche et programme sorties et visites

Accueil des nouveaux adhérents de l’année 2022 : samedi 26 novembre à 11 h salle Albert Camus de la Maison des Associations de Clamart

Conférence sur les « Gares Parisiennes » le samedi 26 novembre 2022 à 15 h salle Albert Camus de la Maison des Associations de Clamart
Jean Szpyt Ingénieur en construction civile  de l‘École Centrale de Paris et diplômé d’Architecture de l‘École des Beaux Arts, nous présentera chacune des six grandes gares parisiennes tant sur l’aspect historique, et architecture avec l’impact sur le paysage urbain.

Téléthon :

  • nos amis de la chorale « Les Brières » donneront un concert le samedi 3 décembre à 15 h en l’Église Saint-Joseph 145 avenue Jean Jaurès à Clamart voir affiche
  • nos amis de la chorale « Accord » donneront un concert samedi 3 décembre à 16 h 45 salle des fêtes Hunebelle de Clamart : programme classique
  • nos amis de la chorale « Á Tout Choeur » et l’Ensemble Instrumental donneront un concert le vendredi 9 décembre à 20 h à la Maison des Associations salle Albert Camus 13 bis rue de Bièvres Clamart voir affiche

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Les cocottes à Paris au 19è siècle
Au cours de cette conférence, sur l’histoire de la prostitution entre répression et tolérance, dans une ancienne des nombreuses maisons de tolérance qui existait à Paris, nous étions dans un lieu idéal pour évoquer ce sujet.
Pour aborder le thème la conférencière s’est appuyée sur le travail des artistes de l’époque. En effet, au 19è siècle, les peintres et les sculpteurs sont fascinés par ce milieu qu’ils fréquentent assidûment. De nombreuses œuvres évoquant ce sujet ont vu le jour. Paris est perçu comme une nouvelle Babylone et de nombreux guides touristiques indiquent les lieux de plaisir.
La prostitution à cette époque est un moyen de divertissement banalisé, ce qui provoque un débat de société entre ceux qui veulent contrôler le phénomène – car la peur et la crainte d’attraper la Syphilis inquiète – et les hygiénistes qui insistent pour cantonner la maladie ; demeure aussi de façon très vive une crispation par rapport à la moralité.
Dans les maisons parisiennes de grandes réceptions s’organisent, ce sont des lieux mondains, lieux de rendez-vous dans de petits salons privés.
Les prostituées sont appelées « filles publiques – pierreuses – courtisanes – lorettes – filles de joie – demi-mondaine – raccrocheuses – belles de nuit », tout cela reflétant un parfum de scandale.
C’est quoi une prostituée : difficile de repérer une fille publique dans la rue. Les chiffres annoncent trente mille filles selon la police en 1860 et cinquante mille d’après le service de la sureté. On en compte cent vingt mille aujourd’hui. C’est un ensemble de service sexuel payant rendu par une femme à un homme.
Où se prostitue t’on : dans les maisons closes, maisons de plaisir et aussi dans la rue.

En 1802 un vote oblige à passer une visite médicale, en 1804 on légalise la maison de tolérance. Ces maisons sont sous la tutelle de la police des mœurs.
Á cette époque on pense qu’il s’agit d’une mission sociale régulatrice qui répond à un mal nécessaire au regard des exigences sexuelles de ces messieurs. Mission développée aussi dans les colonies car on considère qu’il s’agit d’une mesure de salut public pour lutter contre les maladies vénériennes et préserver le confort des familles – les prostituées sont identifiées et fichées.
Félicien Rops artiste belge considère que les tableaux représentants ces dames sont des nus modernes opposés aux nus idéals.
La prostitution n’est pas considérée comme un délit mais par contre le code pénal de 1810 punit l’outrage à la pudeur et le proxénétisme des mineurs de moins de 21 ans.
On assiste à une évolution dans le courant du 19è – en 1843 on compte 235 maisons de tolérance dans les rues de Paris avec mille neuf cent filles répertoriées – en 1856 il reste 202 maisons et mille cinq cent filles. Tout un groupe se déclarant « insoumises », sortent du système et opèrent désormais dans les rues et les hôtels. Le terme des allumeuses vient du fait qu’elles sont repérées lorsqu’on allume les réverbères.
Il n’y a pas que les peintres qui s’intéressent à ce phénomène, les écrivains comme Émile Zola, les journalistes, …
Le lieu de perdition le plus connu reste l’Opéra et les bals publics. Ces endroits représentent la vie moderne, les lieux de grandes convivialités – la femme est devenue une marchandise.
Avant les grands boulevards tout se passait au Palais Royal. Après la suppression des salles de jeux au Palais Royal toute cette activité va se déplacer vers les grands boulevards. Le phénomène va se développer aussi avec l’exode rural et on assistera à l’apogée pendant la période de Louis XVI jusqu’à la belle époque.
Au 19è Paris est une ville ou on dîne beaucoup au restaurant, on assiste à un développement des bouillons, des brasseries. Les théâtres rencontrent un énorme succès, les salles s’embellissent et augmentent considérablement les prix ce qui a pour conséquence le déplacement de cette prostitution vers les cafés concerts. Les lesbiennes revendiquent leurs droit ce qui fait se développer le «saphisme».

Marthe Richer dite Marthe Richard épouse d’un proxénète et prostituée elle-même a fortement œuvré pour la fermeture des maisons closes. Elle va être conseillère de la ville de Paris et y siéger – la loi Richer de 1946 proposera la fermeture des maisons closes et la destruction du fichier national de la prostitution, ce dernier sera remplacé par un fichier sanitaire et social.
Mille quatre cent établissements ferment en France dont 195 à Paris . La prostitution reste libre ce qui est interdit c’est son organisation et son exploitation donc le proxénétisme.
Mme Claude (Fernande Grudet) vient d’Angers est proxénète et a un lien avec le banditisme. Á la fin des années 1950 elle va créer une entreprise de prostitution de luxe animée par téléphone les fameuses call-girls et s’installera dans le 16è arrondissement . Pendant environ 20 ans elle gérera cinq cent filles.
Le réseau des entremetteuses et des proxénètes va être démanteler sous Giscard D’Estaing.

Á notre époque la prostitution est tolérée mais le racolage et le proxénétisme sont interdits . Il existe une disparité dans les pays européens. Actuellement ce sont les clients qui sont condamnés. Á présent on se dirige vers la cyber prostitution.
La prostituée reste un symbole du vice.

Hiérarchie dans la famille des prostituées :
Les pierreuses sont dans le bas de l’échelle et travaillent dans les terrains vagues.
Les courtisanes ont des vies particulières de demi mondaines (exemple : la Comtesse de Loisne, Cléo de Mérode célèbre danseuse de l’Opéra de Paris, la Comtesse de Castiglione,…)
Sarah Bernhardt va mener une vie parallèle de courtisane. En 1883 une de ses amies va écrire ses mémoires.
Pour conclure ont été évoquées durant cette conférence une grande partie des aspects de la prostitution à Paris au 19è siècle.
On a vu les difficultés de la société pour affronter cette réalité, les combats pour faire appliquer l’hygiène, contrôler et cacher un mal nécessaire et aussi ce problème de moralité si embarrassant.
Après 1968 les marcheuses des boulevards choisissent leur client, les amazones draguent en voiture, les échassières se perchent sur les tabourets des bars américains, les caravelles jouent les madones dans les palaces et aéroports, les bucoliques dans les parcs, jardins et bois.
De nombreux artistes attirés par ce monde de la prostitution ont représenté dans leurs œuvres, les différentes facettes de ce milieu. Henri de Toulouse Lautrec a beaucoup fréquenté ces lieux de plaisir.

Voici quelques œuvres qui ont illustrées les propos de la conférence :

«Les demoiselles des bords de Seine» de Gustave Courbet : vêtement froissés et défaits – regards langoureux.

Les tableaux de Toulouse Lautrec :
«Au salon de la rue des Moulins» 1894 : le thème évoque le quotidien des prostituées, l’examen médical.
«Les bars du Moulin Rouge» : la vie de ce cabaret parisien créé en 1889.
«Lassitude» : côté épuisé – esquisse pour la lithographie.

Les tableaux de Édouard Manet :
«Nana» : où il se plaît à représenter sans faux-semblant la vie de plusieurs courtisanes ou « créatures » entretenues.
«Bal masqué à l’Opéra» : la toile joue sur les contrastes de couleurs entre une masse d’hommes et quelques femmes entièrement vêtus de noir, et de masques, habillés de façon extravagante.
«Les folies bergères» : portrait d’une serveuse.
«Olympia» : avec Olympia, Manet réinvente le thème traditionnel du nu féminin par le jeu d’une peinture franche et sans compromis.

De Thomas Couture :
«Les romains de la décadence» : illustre dans ce tableau un thème de Juvénal qui oppose les vertus des temps anciens et la dépravation des temps.
«Char de la courtisane».

Félicien Rops «dame au cochon» clin d’œil à l’argot moderne : part de bestialité dans le comportement humain.
Henri Gervex représente «Rolla» : cette peinture à l’huile sur toile représente une femme nue regardée par un homme debout près de son lit.

«Demoiselles d’Avignon» de Pablo Picasso : un bordel ou il a présenté ces femmes, pauses lascives, couleurs agressives, visages anguleux.
Phryné célèbre prostituée grecque.




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