Retour sur des sorties 2020

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L’Hôtel des Affaires étrangères et de la Marine

00L‘Hôtel des Affaires étrangères et de la Marine fut construit sous le règne de Louis XV, le plus Versaillais des rois de France car il fut le seul roi à naître et mourir au château de Versailles.
L’hôtel, contigu à celui de la Guerre, fut édifié par Jean-Baptiste Berthier en 1762 car le roi avait demandé en 1760, le déménagement des ministères de Paris à Versailles. Ce sont les premiers bâtiments administratifs, avec une architecture fonctionnelle, conçus spécialement pour abriter des bureaux et des archives. L’ingénieur-géographe, Berthier, utilisa des matériaux incombustibles. Tous les plafonds ont été faits en voûtes plates, constituées de fer et de brique. Le sol est couvert de tommettes en terre cuite.
Au premier étage se trouve la galerie d’honneur, composée de sept pièces en enfilade où furent installées les archives diplomatiques, conservées dans de grandes armoires grillagées. Le duc de Choiseul, ministre des Affaires étrangères, en avait choisi la décoration et l’ordonnancement pour donner une image de prestige de la France.
Au-dessus des portes des salles, une peinture illustre les capitales de l’Europe.
Des grands panneaux, peints par Jean-Jacques Bachelier, évoquent les grands moments de la politique de Louis XV.
Le portrait d’Étienne-François de Choiseul-Stainville trône, ainsi que celui de Monsieur de Belle-Isle, ministre de la Guerre, dans la salle des Puissances d’Italie. Au 18ème siècle, l’Italie n’est pas un pays mais un ensemble d’États. Le traité de Gênes, signé en 1768, dans cette galerie, décida du rattachement de la Corse à la France. En 1769 naissait Napoléon qui apprit le français en Bourgogne à 9 ans.
Pierre Jeannin, Richelieu, Mazarin, Colbert, Simon Arnauld de Pomponne, secrétaires d’Etat aux Affaires étrangères, sont représentés en médaillon.
Entre deux fenêtres, la peinture, « Les Alliances de la France », figure le renversement des alliances de 1756. Louis XV rompit l’alliance avec la Prusse pour s’allier avec l’Autriche, en mettant fin à deux siècles de conflit avec les Habsbourg.
Dans la salle des Puissances d’Allemagne, sur le sol, une mosaïque de Carthage a été rapportée par Edme François Jomard, ingénieur-géographe et archéologue. Elle représente quelques poissons et un poulpe, accompagnés d’une figure de dieu marin ou d’Océan.
Un panneau, intitulé « Pacte de Famille », rappelle le traité signé en 1761 entre Louis XV, Charles III, roi d’Espagne, et le duc de Parme pour s’unir contre l’Angleterre qui menaçait les colonies. Tous les signataires appartenaient à la Maison de Bourbon. Le drapeau espagnol actuel date du règne de Charles III.
Au-dessus de la cheminée, où est posée une pendule de 1783, une huile sur toile de belle taille, intitulée Louis XV, orne la salle de France. Elle est due à l’atelier de Louis-Michel Van Loo.
Louis XV obtint la Lorraine qu’il confia à son beau-père, Stanislas Leszczynski, qui avait été roi de Pologne. A sa mort en 1766, il l’annexa. A Nancy, le centre de la place est occupé par une statue de Stanislas, en remplacement de la statue de Louis XV, enlevée sous la Révolution.
Un panneau peint, représentant les Indes Orientales, fait allusion aux colonies françaises.
Au cours de son règne, Louis XV perdit de nombreuses colonies et sa prépondérance aux Indes au profit de la domination coloniale britannique. Au traité de Paris en 1763, il céda, entre autres, le Canada à la Grande-Bretagne et la Louisiane à l’Espagne. Cependant, la France conserva les Mascareignes, encore peu développées, et les îles antillaises (Saint-Domingue, la Guadeloupe et la Martinique), premières exportatrices mondiales de sucre.
Louis XV, qui n’a vu la mer qu’une seule fois, au Havre à 39 ans, n’accordait pas un budget suffisant à la flotte par rapport à l’armée de Terre, contrairement à la Grande-Bretagne qui n’avait besoin que de la Marine, vu qu’elle était une île. En revanche, Louis XVI, surnommé « le navigateur immobile», augmenta constamment les crédits de la marine.
Pour limiter les importations, Louis XV favorisa la construction de la manufacture de Sèvres et celle d’Oberkampf à Jouy-en-Josas. Sous son règne, la première mine de kaolin vit le jour à Limoges.
Dans la salle des Puissances du Nord, « L’Europe savante », panneau peint par Jean-Jacques Bachelier, est une allégorie de la suprématie culturelle de la France. Au-dessus de la carte de France se trouve le buste de Louis XV. En arrière-plan trône Le Louvre qui était inoccupé. L’idée d’en faire un musée avait germé à cette époque. Au 18ème siècle, la Joconde était entreposée dans le bâtiment des Œuvres d’art à Versailles.
Le traité de l’Indépendance américaine fut rédigé en 1783 dans la salle des Puissances du Sud. Il fut signé entre les représentants des treize colonies américaines et les représentants britanniques. Il mit un terme à la guerre d’indépendance des États-Unis avec le soutien de la France. La Grande-Bretagne reconnut l’indépendance des États-Unis d’Amérique.
La maquette de bateau, « La Sirène », exposée dans la dernière salle, rappelle qu’au troisième étage, le ministère de la Marine conservait des cartes et des plans des colonies, des modèles d’artillerie et de ports, des maquettes de navires du 18ème siècle qui étaient fabriquées sur place,
À la Révolution, le ministère des Affaires étrangères fut transféré à Paris puis ce fut le tour, en 1837, du ministère de la Marine.
Les ouvrages, installés à la place des archives diplomatiques, proviennent des confiscations révolutionnaires ou de dons faits à Versailles et en Seine-et-Oise. Leur nombre s’élève à plus de 50 000 antérieurs au 19ème siècle.
L’hôtel, classé au titre des monuments historiques depuis le 27 septembre 1929, abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale centrale de Versailles.

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Les alliances de la France

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Le Duc de Choiseul

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L’Europe Savante

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Atelier Lesoon IMG_20200212_152846

Thierry Saada est spécialisé dans la restauration et la réparation de montres anciennes et modernes, de pendules et de montres de poche. Il est également spécialiste de la restauration et réparation de stylos plume. Il propose un catalogue de montres et stylos anciens restaurés par ses soins.  Son atelier se trouve dans l’hôtel des métiers d’art « Le Potager du Dauphin » à Meudon. C’est là que nous avons rencontré  cette personnalité enthousiaste, intarissable sur l’histoire des objets qu’il répare « à cœur ouvert » avec une infinie minutie.
L’histoire  de son installation dans ce métier est quelque peu atypique. Après 15 ans dans le domaine commercial ce passionné d’horlogerie et de mécanique s’est lancé dans cet art d’abord pour le plaisir qui s’est vite transformé en passion suite à la vente d’une montre très particulière. Il en a fait son métier, est  totalement autodidacte.
Pour en faire son activité, il commence par acheter du matériel, s’installe à son domicile, achète des objets à réparer  via internet, teste le marché, et commence à réparer des montres pour en comprendre la logique mécanique. Il recherche les pannes et après réparations évaluent les coûts.
Douze ans après le lancement de sa boutique en ligne www.atelier-lesoon.com, son activité lui permet d’en vivre. Les acheteurs n’ont pas de profil particulier, l’éventail est large.
Les services après-vente des fabricants pratiquent des tarifs élevés, et des délais de réparations longs. Les pièces détachées et outillage coûtent chers, notre artisan achète des pièces détachées aux enchères ainsi que des meubles d’anciens ateliers d’horlogerie – à l’intérieur de ceux-ci se trouvent du matériel et de nombreuses pièces détachées.
En horlogerie, on remplace une pièce par la même pièce. Chaque mouvement a une référence précise, un calibre spécifique. Deux fournisseurs de pièces se trouvent en région parisienne.
Cette activité demande beaucoup de trésorerie. En fait les montres exceptionnelles ou de qualité, de marques, deviennent des placements. Il travaille plus sur forfait et non en facturant à l’heure passée. Il facture uniquement s’il a un résultat.
Pour ce qui concerne la partie réparation des stylos, il remplace le système d’alimentation, répare parfois la plume, relooke l’habillage et le poli.

Installation à Meudon
Suite à une participation à un marché de Noël, le responsable de la chambre des métiers lui propose le local de l’hôtel des métiers d’art à Meudon avec un loyer très  accessible.
L’atelier très lumineux donne sur le parc. Il partage ce local,  avec un colocataire,  Alexandre Duboc créateur de stylo qu’il peut réaliser à la demande.

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Le musée de la passementerie DeclercqIMG_20200206_134412
Définition de la passementerie dans le dictionnaire encyclopédique d’Alembert et Diderot en 1751 : «art d’exécuter un grand nombre de petits ouvrages désignés sous le nom générique de passements». Le terme de passements désignait des pièces étroites utilisées pour l’ornementation des vêtements ou du mobilier (broderies, cordonnets) allant jusqu’à 30 centimètres de large.
La passementerie regroupe l’ensemble des productions en fil de toute nature (végétal, animal, métallique…) utilisées en décoration vestimentaire ou architecture intérieure. Elle désigne également le commerce de ces produits. Des exemples de passement : cordons, dentelle, frange, liseré, ruban.

La passementerie c’est de la décoration pour personnes qui aiment personnaliser leur intérieur. Elle permet de sublimer. Pour en faire bien il faut du fil de qualité et  celui-ci coûte cher. Le fil utilisé est de première qualité  de « l’orgensin » (même fil que pour les foulards Hermès) – en épaisseur, un quart d’un fil est égal à un quart de cheveu. Le fil vient de Chine puis est travaillé en Italie. Ensuite il passe chez un filateur. Ce dernier assemble les fils ensemble pour réaliser les différentes épaisseurs ceci afin de pouvoir les travailler. La composition est de 60 % en soie, le reste en fibranne et matière naturelle qui provient du bois. Le fil de soie s’achète en grande quantité pour de petites quantités de consommation. Une commande minimum pour de la soie est de 50 kg sachant qu’un kilo de soie vaut environ 200 €.  Les restes permettent de faire du réassortiment. Les piments sont chimiques – les teintes naturelles sont peu utilisées car elles se dégradent avec le temps, de plus elles n’offrent pas le même spectre que les teintures chimiques qui, elles,  permettent environ un nuancier d’environ 30000 couleurs.
Autres matières utilisées : laine, coton, lin, or, argent.

Il faut beaucoup de préparation pour faire de la passementerie. Chaque métier est très spécialisé et le travail est exigent. Pas de compagnonnage, la formation du personnel se fait dans l’entreprise. Ce sont des métiers de passion. En France il existe trois ateliers de passementerie.
La maison Declercq exporte sa production pour 60 % au Moyen-Orient, États-Unis, Russie.
Les particuliers sont plutôt des décorateurs. L’établissement créée de la passementerie et aussi des tissus. Les modèles sont dessinés à la main et parfois en informatique. Les concurrents se trouvent essentiellement en Chine et en Égypte.
Un peu d’histoire : le bassin de la passementerie voit le jour chez les Égyptiens, puis en Turquie, Italie et au Moyen-Âge en France.
Les productions prennent une grande place dans les différentes cours royales.
La maison Declercq réalise des travaux suite à des commandes provenant de Versailles, Fontainebleau, Compiègne (chambre de Marie-Antoinette, de l’Empereur, théâtre de Marie-Antoinette), ainsi que pour certains monuments nationaux.
L’histoire de Declercq Passementiers a débuté en 1852 au cœur de Paris avec une toute petite fabrique de passementerie. Les générations de passementiers se sont succèdées, se transmettant le savoir-faire et les techniques d’un métier devenu rare. Jérôme et Elisa Declercq dirigent aujourd’hui l’entreprise main dans la main et contribuent à écrire la suite de l’histoire. Ils ont à cœur de transmettre à leur tour et accompagnent la formation de Margot Declercq, quireprésente la septième génération de cette famille de passementiers. Ensemble, ils sont attentifs à la qualité de fabrication de chaque pièce, qui fait la renommée de la maison, mais aussi à la créativité constante qui fait qu’une entreprise traverse les siècles.
En 1852, Joseph Bertaud achète une petite fabrique de passementerie située au 34 rue Quincampoix, à Paris. Sa fille, Marie-Louise Bertaud, épouse Ernest Perret et succède à son père. En 1900, l’atelier se déplace rue Saint-Sauveur. En 1930, pour faire face à la crise, Gaston Perret est le premier à fabriquer le petit volant qui remplacera la passementerie pendant plusieurs années, créant ainsi « La Passementerie Nouvelle ». Sa fille Jacqueline Perret-Declercq commence à travailler avec lui en 1948, puis prend la direction de l’entreprise en collaboration avec son fils Claude. En 1971, La Passementerie Nouvelle déménage rue Étienne Marcel, et rachète en 1972 la maison Louvet et Mauny datant du XVIIIè, puis, en 1977 la prestigieuse maison André Boudin reconnue pour avoir fabriqué les plus belles passementeries du monde durant la première moitié du XXè. Claude Declercq donne un essor important à l’entreprise en développant les ateliers de Montreuil-aux-Lions (en Picardie) et l’international.
Dans le musée, qui est aussi le siège social et showroom institutionnel, on peut accéder à toute l’histoire de la passementerie et à son évolution de 1650 à 1930.

Quelques précisons recueillies.
La fibranne est une matière dont le fil est continu. La rayonne est pour sa part composée de morceaux de fils collés les uns derrière les autres.
La fibre optique peut être utilisée comme un fil (il est sablé et ainsi la passementerie devient éclairante).

L’ourdissage consiste à  préparer des chaînes qui vont être ensuite montées sur des métiers.
Les ateliers de Montreuil-aux-Lions en Picardie se visitent, il faut s’adresser à l’Office du Tourisme de Château-Thierry

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L’Hôtel Gaillard

hotel gaillardÉmile Gaillard, qui était un riche banquier, décida de faire construire un hôtel particulier car sa collection d’objets d’art du Moyen Âge et de la Renaissance était devenue trop importante pour son appartement parisien.
Il demanda, en 1878, à Jules Février de lui construire ce bâtiment néo-Renaissance, inspiré du château de Blois. Les travaux s’achevèrent en 1884.
En 1885, M. et Mme Gaillard donnèrent un bal costumé, réunissant  2000 invités dans leur salon de réception pour inaugurer leur hôtel et célébrer l’anniversaire de leur fille. Émile Gaillard reçut ses invités, vêtu d’un costume de l’époque d’Henri II.
Ce grand salon, surmonté d’un promenoir et d’un balcon où se tenaient les musiciens, possède une grande cheminée bourguignonne en calcaire blanc, inspirée des gisants du duc de Bourgogne. Les trois personnages centraux datent du 15ème siècle. Trois portes sont d’authentiques antiquités rachetées par le banquier.
L’escalier d’honneur monumental conduit à un demi-étage dont le sol, avec d’une part, des lys et d’autre part, des hermines, est exactement le même que celui de la chapelle où Anne de Bretagne s’est mariée au château de Blois puisqu’il a été réalisé par le faïencier qui a restauré celui du château.
Sculptées en bois de noyer, les boiseries gothiques de la salle à manger couvrent les murs sur trois mètres de haut et proviennent du château d’Issogne en Italie. Au-dessus, la décoration fait aussi référence à Anne de Bretagne.
Dans son bureau de style néo-renaissance, le banquier accueillait ses relations d’affaires. Il participa au financement des chemins de fer des frères Pereire, géra les biens du comte de Chambord et s’occupa des droits d’auteur de Victor Hugo.
Un portail en pierre sculptée du 16ème siècle donne accès à l’escalier à vis en pierre, appelé l’escalier du puits. Il doit son nom au trépied en ferronnerie qui orne le sommet du tronc central, auquel était suspendu, au 19ème siècle, une lanterne que l’on pouvait descendre à l’aide d’une poulie mécanique comme un seau dans un puits. Une chimère, représentant Émile Gaillard, est sculptée au pied de l’escalier. emile gallard1
Dans l’hôtel, des portes, des cheminées et leurs plaques, des boiseries du 15ème ou 16ème siècle se mêlent à des éléments du 19ème siècle dans une parfaite harmonie.
Après le décès du financier en 1902, ses collections furent dispersées, puis en 1919, l’hôtel fut acheté par la Banque de France pour en faire une succursale. Elle acquiert aussi les deux hôtels contigus, construits à la demande d’Émile Gaillard en 1878 et loués par lui-même pour financer l’hôtel Gaillard. L’ensemble forme un U.

A partir de 1920, un nouveau bâtiment, abritant le hall du public, la salle des coffres et des locaux administratifs, fut alors construit dans la cour commune aux trois hôtels. Le chantier fut confié à l’architecte, Alphonse Defrasse, qui ne dénatura pas l’hôtel, malgré les travaux d’aménagement. La décoration fut confiée à Jean-Henri Jansen.
Le hall du public est une vaste structure en béton armé, surmontée d’une voûte en bois, dans laquelle s’insèrent des verrières. Les petits boxes en bois permettent de s’entretenir avec les employés des différents guichets qui datent de 1920 avec des rajouts en 1950.
En-dessous se trouve la salle des coffres, de forme carrée en béton armé, à 2,50 m sous le niveau de la rue. Tout autour, un fossé, large de 1,20 m et profond de 4,50 m, a été creusé et autrefois, rempli d’eau. La salle est protégée par un pont mobile et de lourdes portes blindées. La nuit, un gardien, dans une nacelle, installée sur un monorail, faisait le tour de la salle. Actionnée à la main ou électriquement, elle était capable de monter et de descendre pour atteindre le plafond ou le fond du fossé. Ce système est unique en Europe.
A l’intérieur de la salle des coffres, des guichets et des isoloirs sont installés au centre pour les déposants. Sur deux étages sont disposées 112 armoires qui contenaient 3874 coffres de tailles différentes.
Les pièces historiques, au décor remarquable, sont conservées, à l’exception de la galerie de tableaux qui donnait sur la rue de Thann.
La chambre à coucher d’Émile Gaillard devint le bureau du directeur de la succursale et un cabinet de toilette fut aménagé dans la pièce suivante, pour son usage privé.
Le bureau, aujourd’hui réaménagé avec du mobilier ancien de la Banque de France, a gardé l’ambiance « Renaissance » avec sa cheminée, composée d’un assemblage d’éléments des 15ème et 16ème siècles. Sur la plaque de 1562 qui la décore, se trouve illustrée la parabole du festin du mauvais riche, dite aussi parabole de Lazare. Dans le cabinet de toilette se trouve un coffre-fort de 1920 où le directeur déposait les documents les plus confidentiels.
Le bureau du contrôleur fut installé dans la chambre de Madame Gaillard dont la cheminée, avec des colonnes gréco-romaines, est inspirée de « L’École de Fontainebleau » du 16ème siècle.
La succursale ferma en 2006 mais la Banque de France annonça, en mai 2011, la création d’une Cité de l’Économie. Celle-ci  est ouverte au public depuis le 14 juin 2019.

salle à manger

salle à manger

salle des coffres

salle des coffres

salon de reception

salle de réception

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Géothermie
Cette visite commentée nous a permis de découvrir le fonctionnement d’une centrale de géothermie.

chiffresLe sous-sol francilien alimente en chauffage et en eau chaude de nombreux équipements publics, logements sociaux, copropriétés et entreprises.
La nouvelle centrale de géothermie de Villejuif renforce le réseau de chaleur intercommunal de Chevilly-Larue, L’Haÿ-les-Roses et Villejuif, qui dessert désormais l’équivalent de 28 000 logements.

Le sous-sol de l’Île de France est formé de différentes couches rocheuses, pour certaines imperméables, piégeant parfois des nappes d’eau. L’une des nappes les plus profondes se trouve à environ 2000m sous le niveau du sol ; il s’agit du Dogger. Cet aquifère s’est formé il y a 170 millions d’années, à l’époque du Jurassique. Emprisonné entre deux couches d’argile, il est constitué de 80% de roches poreuses, et de 20% d’eau salée.geothermie (2) La température du Dogger est comprise entre 55 et 80°C selon le lieu, et ses caractéristiques géologiques sont adaptées à une exploitation géothermique de longue durée.

La géothermie basse température
La géothermie basse température consiste à puiser l’eau géothermale, en extraire la chaleur, et la réinjecter dans sa nappe d’origine, afin qu’elle se réchauffe à nouveau : c’est une énergie renouvelable. L’énergie extraite est 5 à 30 fois plus importante que l’énergie nécessaire à cette extraction. Cette chaleur est directement utilisée, notamment sous forme de chauffage : c’est un procédé de géothermie directe.
Ainsi, l’eau géothermale alimente un échangeur à plaques de titane, qui transfère sa chaleur à l’eau du réseau de distribution. Ces deux circuits sont donc physiquement distincts.

Quelques chiffres qui datent de 2018 :
•    43 000 tonnes de CO2 évitées chaque année : c’est la quantité annuelle absorbée par 10 000       hectares de forêt, soit la totalité de la surface de Paris
•    64 % d’énergie renouvelable : 82gCO2/kWh
•    210 Giga Wh de chaleur pour 35 000 équivalent- logements
•    37 GigaWh d’électricité vendue à EDF

LA SEMHACH
Anciennement société d’économie mixte, la SEMHACH est devenue société publique locale (SPL) en mars 2014 avec l’entrée de la ville de Villejuif dans son capital. Ainsi, la société publique locale d’énergie et maintenance à L’Haÿ-les-Roses, Chevilly-Larue et Villejuif (la nouvelle dénomination de la SEMHACH) gère et exploite le plus grand réseau géothermique européen pour le compte du syndicat intercommunal pour la géothermie regroupant les trois communes.
En fin de présentation, nous avons découvert les installations sur place : turbines, pompe de réinjection, tuyauteries, chaudière d’appoint, tubes de réseau, cheminées des brûleurs…

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Les Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine

00 Les Archives nationales de Paris étant complètement saturées, le président de la République Jacques Chirac décida, en 2001, la construction d’un nouveau bâtiment qui fut inauguré en 2013. C’est le plus grand centre d’archives d’Europe et le deuxième plus grand du Monde après Washington où travaillent 300 personnes environ.
L’architecte, Massimiliano Fuksas, a conçu une sorte de « coffre-fort » de 10 étages avec des satellites de verre, ouverts sur des bassins où est posée l’œuvre d’Anthony Gormley, « Cloud Chain ».
Philippe Auguste, ayant perdu ses documents au cours d’une bataille, décida qu’ils seraient désormais gardés en lieu sûr à Paris. Le Trésor des Chartes, établi au Louvre puis à la Sainte-Chapelle, constitua le fondement des futures archives du Royaume.
Après le Serment du jeu de Paume à Versailles, dès l’été 1789, les députés décidèrent de garder leurs papiers contre l’arbitraire. Les Archives nationales ont été créées par décret de l’Assemblée constituante en 1790.
En 1795, une loi décréta que les archives devaient être accessibles à tous les citoyens et protégées. Dans l’ancien hôtel de Soubise, Napoléon Ier fit regrouper les archives qui étaient conservées un peu partout à Paris. Il fit rapatrier celles d’Italie. Étant de plus en plus nombreuses, il fallut agrandir l’hôtel de Soubise et au 19ème siècle, l’hôtel de Rohan fut affecté aux Archives nationales.
En 1969, un centre d’Archives nationales fut ouvert à Fontainebleau pour conserver des documents privés d’architectes, de carrière des fonctionnaires et les dossiers de naturalisation depuis la seconde moitié du 20ème siècle et des archives audiovisuelles. Mais depuis 2014, les archives sont en cours de déménagement car deux bâtiments du site se sont fissurés en causant de nombreux dégâts matériels.
Á Paris sont conservées les archives de l’Ancien Régime jusqu’à la Révolution et le Minutier central des notaires parisiens et à Pierrefitte, celles postérieures à la Révolution française et les archives privées.
Les Archives nationales ne conservent ni les fonds du Ministère de la Défense ni ceux du Ministère des Affaires étrangères qui se trouvent au service historique de la Défense à Vincennes. Le service des archives de la Préfecture de police est localisé au Pré-Saint-Gervais. Le document le plus ancien des Archives nationales date de 625. C’est aussi un des rares écrits sur papyrus sur lequel Clotaire II confirme une donation faite à l’abbaye de Saint-Denis par un certain Dagobert.
Les Archives collectées arrivent à Pierrefitte dans un camion dont la porte est scellée par un plomb qui porte un numéro. Déchargées sur une plateforme, elles sont dépoussiérées dans un magasin. Si des champignons sont présents, elles sont envoyées dans le sud de la France pour être traitées.
Elles peuvent avoir besoin d’être restaurées. Dans l’atelier de restauration, la table aspirante avec une cloche d’humidification permet, par exemple, de déplier le document sans le casser. La colmateuse est utilisée pour injecter de la pâte à papier pour combler tous les trous d’une page en une seule opération.
Pour bien conserver les documents, le bâtiment-coffre a été conçu pour éviter les chocs thermiques. Afin de ne pas être détruits par le feu, en plus des précautions habituelles (détecteurs, extincteurs, portes coupe-feu..), de la vapeur d’eau peut entrer en action et les magasins de stockage sont espacés d’un mètre. Les boîtes où sont classés les documents, sont ignifugées. Elles peuvent résister à l’eau quelques minutes et vingt minutes au feu mais à l’intérieur, certains papiers peuvent subir l’effet de la chaleur. Pour éviter les champignons, l’action de la soufflerie empêche la poussière de se déposer.
L’humidité et la température (18° dans les magasins de stockage, 4° dans le magasin-photos) sont contrôlées par un climaticien-architecte.
Dans les magasins de stockage, les boîtes qui portent un numéro d’ordre, sont rangées sur des doubles rayonnages donc en épis. Chaque épi est numéroté. Le magasin de stockage est indiqué : M501 → Magasin de stockage au 5ème étage. Les rangées de rayonnage portent les numéros des travées. Par exemple : Travées 85 à 92 à gauche ; Travées 77 à 84 à droite.
Toutes les archives sont codées. Par exemple, la série AG concerne les documents des chefs d’Etat et la série AF correspond à ceux du pouvoir exécutif (1789-1815).  Il existe des sous-séries :
AG/5(1) : Papiers des chefs de l’État de la Vème République sous le Général de Gaulle comme le discours du général pour les 800 ans de Notre-Dame le 30 mai 1964
AF/IV → Secrétairerie d’Etat impériale et cabinet de Napoléon Ier
Les épis qui ont une bande jaune verticale renferment des documents qui sont à sauver en premier. Ceux qui sont verts, sont mobiles.
Les fonds privés sont constitués des archives de personnes (Fonds de Simone Veil), de familles (Fondation Saint-Louis du Comte de Paris), de partis politiques, d’entreprises comme Air France, de presse et d’associations (Ligue pour la Protection des Oiseaux). Ces archives peuvent être des objets comme les carreaux de plâtre du camp de Drancy portant les inscriptions de personnes qui savaient qu’elles allaient partir dans les camps ou du matériel de biologie et un crocodile naturalisé du collège de Juilly.
L’armoire de fer des Archives nationales est un coffre-fort exécuté sur ordre de l’Assemblée constituante du 30 novembre 1790. Elle était, à l’origine, destinée à abriter les formes, planches et timbres employés dans la fabrication des assignats, puis l’acte constitutionnel et les minutes des lois et décrets révolutionnaires. Elle contient aujourd’hui l’ensemble des constitutions de la France, ainsi que les documents de la plus haute valeur historique.
Sous l’Ancien Régime, les lettres patentes, écrites sur du parchemin, étaient des actes royaux scellés. À partir du milieu du 18ème siècle, on commence à imprimer certaines lettres patentes signées par le roi et par un secrétaire d’État. La lettre patente de Louis XVI, concernant l’abolition de la gabelle, porte un sceau vert. Depuis les Mérovingiens, les documents étaient scellés et la matrice du sceau était conservée. Dans un certain nombre de sceaux, on voyait des filaments qui pouvaient être des cheveux mérovingiens ou carolingiens.
Les archives publiques sont librement communicables, à l’exception de certains types de documents qui sont soumis à des délais fixés par le Code du patrimoine. Il faut un délai de 50 ans pour consulter les archives présidentielles, 75 ans pour le secret de l’instruction judiciaire ou 100 ans si la personne est mineure, 120 ans pour le secret médical… Il est cependant possible d’y accéder avant échéance du délai par une demande de dérogation.
Les documents qui ont été fragilisés au cours du temps, ont été microfilmés ou numérisés afin qu’ils puisent être consultables sans avoir recours à l’original.
Le site de Pierrefitte, qui était assez grand pour une durée de 30 ans, sera agrandi en raison de la fermeture du site de Fontainebleau.  

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Journée à Briare
Le Pont-Canal S6300119
En ce 1er octobre nous voilà partis pour Briare avec son Pont-Canal et son musée des deux marines
Briare ville fleurie pleine de charme au bord de la Loire.
Après une découverte de la ville de Briare en petit train touristique,  nous avons embarqués à bord du bateau « Le Loiret » pour un déjeuner-croisière.
Suite à la sécheresse de l’été, nous n’avons pas passé d’écluses mais avons navigué sur le pont-canal et surtout sur le canal latéral à la Loire entre les deux biefs.
Emprunter cette grande avenue d’eau bordée de pilastres et de lampadaires ne laisse pas indifférent.    
L’un des réalisateurs n’est autre que l’ingénieur Eiffel, il est le seul pont-canal métallique.
Le Canal de Briare est l’un des plus anciens canaux de France construit sous Henri IV. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, le pont-canal de Briare accueille aujourd’hui essentiellement un trafic de plaisance, on peut aussi faire une traversée à pied sur les esplanades de part et d’autre du canal, avec vue unique sur la Loire et Briare.
La renommée du pont-canal de Briare vient de la prouesse technique, humaine et esthétique des ingénieurs de la construction. La mission du pont-canal était d’enjamber la Loire pour permettre aux péniches de relier directement le canal du Berry et le canal latéral à la Loire avec le canal de Briare, et de connecter ainsi les bassins de la Saône et de la Seine.
La construction du pont-canal a considérablement facilité le transport des marchandises par bateaux.
Le résultat est à la mesure des ambitions et des moyens mis en oeuvre : pas moins de 662 mètres de long, soutenus par 15 travées de 40 m de long et 11,50 m de large, le tout suspendu à 11 m au-dessus du fleuve et pesant 13 680 tonnes (30% plus lourd que la Tour Eiffel !). Longtemps détenteur du « titre », le pont-canal de Briare figure aujourd’hui parmi les plus grands du monde.
Une idée lumineuse, éclairée dès la fin du siècle à l’électricité. Ses 62 candélabres et ses quatre obélisques porte-lanternes tracent dans la nuit un chemin lumineux qui se reflète dans l’eau.
C’est, comme son nom l’indique, un pont d’eau qui permet aux bateaux de franchir la Loire pour passer du Canal Latéral à la Loire, rive gauche, au Canal de  Briare rive droite.

S6300168  Musée des Deux Marines
Le Musée des Deux Marines et du Pont-Canal présente l’histoire des marines de Loire et des canaux, canal de Briare (de Loire en Seine) et canal latéral.
Organisé autour de 7 espaces présentant entre autres les nombreux métiers développés autour de l’eau mais aussi  tout ce qui  tire profit du fleuve, le musée met en lumière l’évolution de la navigation ligérienne et du monde de la batellerie depuis l’occupation des grèves par les premiers hommes, du temps où la Loire “portait bateaux”, jusqu’à nos jours, avec les “Acharnistes”. Notons aussi que l’on découvre la très grande variété des marchandises transportées, depuis le bois, les ardoises, les produits des forges, les poissons, les grès et faïences, la quincaillerie, les produits de la Méditerranée, la canne à sucre, les épices, les étoffes… Des maquettes illustrent aussi les différentes techniques de navigation.

Le musée a pour vocation de mettre en lumière le centre de découverte unique de ce qui était considéré comme le plus important carrefour batelier de France


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