Retour sur des sorties 2019

Retour sur quelques sorties et visites

 

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Histoire des étudiants du quartier latin au « Bouillon Racine »  

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Cette conférence a eu pour objectif de nous retracer l’évolution de la vie des étudiants depuis le XIIème siècle et pendant toute une période du Moyen-Âge.

Le contexte : aux alentours des années 1140 Louis VI Le Gros s’installe à Paris. Louis VII le jeune fait construire la muraille autour de Paris. Ce dernier part en croisade. L’aménagement de la rive droite de la Seine se développe. En effet, au temps de l’époque romaine uniquement la rive gauche était aménagée.
La culture est localisée dans les couvents, les scriptoriums l’endroit où les moines traduisent et recopient les textes lointains grecs, arabes… en latin.
Tout change à partir du XIIème siècle, les centres culturels se transfèrent des couvents monastiques situés à la campagne jusqu’à la ville. Le besoin de former une élite intellectuelle voit le jour (entre autre pour lutter contre l’hérésie). L’élite va travailler pour le clergé et la royauté – 80 % de la population ne sait pas écrire.

En 1210, le pape Innocent III décide la création de l’université. Les chanoines reçoivent la responsabilité de développer l’université parisienne – les cisterciens ne sont pas trop d’accord car ils ont l’obligation de devoir dispenser la connaissance mais finissent par céder.
Sous l’autorité de l’évêque, professeurs et étudiants s’unissent. Il n’existe pas vraiment de bâtiments dédiés à l’enseignement. Il se dispense aussi bien dans un cloître, un pré sur des bottes de foin, dans les églises ou prieurés, des salles de couvent louées par les professeurs.

L’université a sa propre justice, ses propres règles. L’autorité exercée par l’évêque est lourde pour les professeurs. Au XIVème siècle on compte jusqu’à 4000 étudiants au quartier latin, ces derniers revendiquent le droit de grève. En effet, des bagarres d’étudiants conduisent la police municipale à intervenir et à procéder à des arrestations. Les étudiants étant sous l’autorité du pape s’ensuit une grève qui va durer 6 ans. L’université est dissoute. Les étudiants vont étudier à Orléans, Toulouse, Montpellier,… Blanche de Castille soutient l’autorité municipale mais revient sur sa décision. Le pape autorise les étudiants et les professeurs à se mettre en grève.
C’est à ce moment-là que les anglais créent Cambridge et Oxford.

Organisation de cette époque :
Les étudiants s’inscrivaient dans une des facultés, recevaient une formation générale qui menait au baccalauréat (entre 14 et 20 ans), ensuite s’orientaient vers le droit (canon à Paris), la médecine, la théologie. Ils payaient leur droit d’inscription, choisissaient le professeur et gardaient le même tout au long de leurs études.
Des avantages plutôt conséquents s’appliquaient à cette population : une justice plus clémente, le non- paiement de l’impôt, la dispense de faire
l’armée, d’aller à la guerre, de payer les péages des ponts. Leur statut pouvait se comparer à celui des clercs.
Les étudiants portaient une robe de bure sombre, avaient la tonsure et un bonnet. Ils avaient obligation de parler latin, langue internationale à cette époque.
Environ 2/3 des étudiants suivaient les arts généraux (baccalauréat), 1/3 poursuivaient en études supérieures : 60% en droit, 30 % en théologie et 10% en médecine.
L’apprentissage de la théologie était le plus long et le plus difficile. Cette dernière discipline avait pour objectif l’obtention du statut de chanoine ; car pour ce dernier pas de vœux de pauvreté, pas d’obligation de donner la messe et l’espoir de percevoir ce que l’on appelait la prébende (revenu ecclésiastique destiné à l’entretien d’un chanoine).
Quand l’étudiant n’arrive pas à la fin du cursus il fait souvent partie de la basoche et devient petites mains de l’administration royale ou du clergé (basoche : ancienne association hiérarchisée des clercs de procureurs du Parlement de Paris et de certaines villes de province, ayant de nombreux privilèges, dont une juridiction particulière).
Le recteur est le chef de l’université. Sa tenue vestimentaire noire et violette est complétée de bâton d’esculape lors des grandes cérémonies (esculape : bâton en argent symbolisant les différentes facultés : rouge pour le droit, jaune pour les lettres, le palmier pour la pharmacie)
A la fin du moyen-âge on compte cinquante collèges.

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Origine du Bouillon Racine : sa création date du XVIIIème siècle.
Nous sommes dans le quartier des halles de l’époque. En 1855 pour se débarrasser des bas morceaux de viande Pierre Louis Duval les met à bouillir avec les abats. Le résultat donne un bouillon qui devient une nourriture à la mode – nourriture pas chère, servie par des serveuses joliment vêtues.
Vers les années 1900, deux cent cinquante bouillons voient le jour autour des halles.
En 1906 les deux frères Chartier Camille et Edouard fondent le « Bouillon Racine » rue Racine à Paris.
Entre les années 1956 à 1993 la Sorbonne avait acheté le lieu pour y installer la cantine du personnel.
À présent, cet établissement restauré par les compagnons du devoir avec des décors en opaline, des miroirs ciselés, au style art nouveau vous accueille et vous propose sa carte.


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Journée à Creil

lionClouterie RIVIERRE : lieu insolite chargé d’histoire – dernière clouterie française en activité à Creil – un savoir-faire unique dans le monde – un patrimoine industriel exceptionnel.
Fondée à Creil  en 1888, Rivierre est la dernière usine de clous forgés en activité en France. Spécialiste des semences pour la cordonnerie et la tapisserie, l’usine fabrique aussi des clous sur mesure pour l’artisanat, l ‘industrie et le luxe. Plus de 2800 modèles sont toujours fabriqués sur les machines du XIXè siècle.
Son fondateur Théodore Rivierre utilisait une nouvelle technique pour fabriquer des semences, petits clous pour la cordonnerie et la tapisserie à partir de fils de métal. Depuis, la production s’est diversifiée, mais les procédés de fabrication n’ont pas changé.
Depuis 2007, dotée du label Entreprise du Patrimoine Vivant, ces machines uniques et le savoir-faire de leur utilisation et de leur entretien se transmet de génération en génération depuis sa fondation.

En bref, voici cent trente ans d’histoire.
A l’époque, Théodore Rivierre ne fabrique que des semences pour les cordonniers et tapissiers, mais a déjà pour objectif de dominer le marché, à l’instar de son symbole, le lion.
En 1888 on assiste à un besoin important de fabrique de semence et clous. Théodore Rivierre crée l’usine et gagne rapidement beaucoup d’argent. La demande est forte pour satisfaire les besoins des soldats. Dix ans plus tard, quatre machines à vapeur fonctionnent et  200 ouvriers travaillent 12 heures par jour samedi et dimanche compris.
En 1900 à la mort de Théodore – il a 44 ans-  sa femme Marie âgée de 27 ans hérite. Face à  cette situation, elle s’entoure de personnes compétentes pour gérer et conduire l’entreprise. Les brevets sont rachetés avant qu’ils ne tombent dans le domaine public et porterons désormais le nom de Veuve Théodore Rivierre.
L’entreprise est prospère, en 1906 Marie achète une grande maison à Chantilly.
En 1914, 400 ouvriers font tourner les machines. En 1917, on fabrique des roquettes pour l’armée française. Pendant les années folles de 1919 et 1920 sont construits les bâtiments actuels en béton armé, les ateliers, la maison, etc….
Dans les années 30 l’usine licence à tour de bras. Alors que 1045 machines tournaient, en 1934 on n’en compte plus que 680. En 1935 Marie 62 ans est malade, elle vend l’usine en conservant le nom Rivierre.
Son PDG actuel Luc Kemp, luxembourgeois, achète l’ensemble. Le label de patrimoine national de l’industrie est décerné à l’entreprise en 2007.
Depuis 1975, les bobines de fils sont aux normes européennes.  Elles font entre 2 et 3 tonnes.

Au cours de la visite, nous avons eu la démonstration des équipements pour étirer le fil d’acier (le tréfilage est la réduction de la section d’un fil en métal par traction mécanique sur une machine à tréfiler), pour laver et dégraisser des clous, …vu les machines fonctionner, ces dernières portent des prénoms féminins, su comment bleuir et rougir les clous.
Dans les années 30, quarante-trois femmes empaquetaient les clous par paquet de 5 kg, étiquetaient  en rouge ou bleu avec le logo du Lion, à la langue de feu, représentant la maison Rivierre.
Aujourd’hui encore dans le monde entier, comme par exemple en Tunisie, ces clous sont connus et fournis aux différents artisans.
Pour conclure, en 2018, 15 ouvriers font fonctionner 325 machines.

Tout savoir sur la clouterie Rivierre : site internet

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plaqueLa mémoire des murs, Musée Serge Ramond
Musée unique en Europe consacré aux témoignages gravés ou sculptés depuis la préhistoire jusqu’à la seconde guerre mondiale. Il réunit plus de 3500 moulages qui suggèrent aux visiteurs les sentiments, espoirs, souffrances ou fantasmes de prisonniers, soldats, marins…
Serge Ramond est le fondateur et le conservateur du musée. Il a assouvi une curiosité qui est devenue une passion en partant à la découverte  de 10000 ans d’histoire gravée dans les murs. Pendant 40 ans de sa vie, ce passionné de graffitis historique est allé sur les traces que l’homme a laissé sur la pierre. A l’aide d’un matériau très souple «la plastiline » une sorte de pâte à modeler il a reproduit, inscriptions, images, visuels, exvotos…. qui retraçaient le passage de l’homme. Dans les moulages après avoir apposé une légère patine il a, dans ce musée de 4 étages et 22 salles, exposé le fruit de ses découvertes.
Il a parcouru les boucles de la Seine, les sites maritimes, les églises, les prisons, les châteaux aussi bien en France, en Angleterre et en Suède.
En créant ce musée, dont il a fait don à la commune de Verneuil-en-Halatte, il a participé à laisser une trace des différentes époques des hommes et contribué à la sauvegarde du patrimoine. DSCN9378

Un film retrace la méthode utilisée par Serge Ramond et fait revivre les explorations de ce personnage.

 Tout savoir sur le musée des murs : site internet


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