Retour sur des sorties 2022

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« Les trésors » de Gaillard

L’hôtel Gaillard a été construit dans le 4ème quart du 19ème siècle dans le style néo-Renaissance pour le banquier Émile Gaillard. À sa mort, la Banque de France acheta l’hôtel pour en faire une succursale qui ferma en 2006. En 2011, elle annonça la création d’une Cité de l’Économie (CITECO) qui ouvrit en juin 2020.

La salle des coffres, où se trouve à présent la collection de pièces et de billets anciens, est protégée par une lourde porte blindée encastrée. Elle est entourée d’une douve autrefois remplie d’eau qui était parcourue par une nacelle mobile suspendue. Un pont-levis coulissant permet son accès. Elle contient 112 armoires fortes contenant 3874 coffres individuels numérotés de dimensions variées. Le numéro 13 n’a été attribué à aucun coffre. Les isoloirs mettaient les clients à l’abri des regards quand ils consultaient le contenu de leur coffre.

Au début, l’échange des biens se faisait sous forme de troc de marchandises mais assez rapidement, il a été nécessaire d’utiliser de la monnaie. Les formes premières de monnaie sont très variées : l’ambre, le sel, les graines, les coquillages, les épices… Le sel qui servait à payer les légionnaires romains est à l’origine du mot salaire et les épices à celui d’espèces.

La première monnaie divisionnaire fut inventée par Crésus, roi de Lydie, en 650 avant Jésus-Christ. Crésus était très riche car le fleuve Pactole avec ses pépites d’or lui assura une fortune colossale. La monnaie, étant frappée manuellement au marteau, n’était pas très ronde et n’avait pas toujours le même poids. Il fallait la peser. Elle était réservée à l’élite.
Les Grecs utilisaient une monnaie en argent représentant une chouette. Frappée à Athènes au 4ème siècle avant Jésus-Christ, elle a été imitée en Égypte du temps du gouverneur Mazakès. Ils ont influencé les Gaulois pour la fabrication de leur monnaie.
Charlemagne mit en place une unité monétaire officielle. Le gouvernement était le seul à frapper la monnaie. Le denier en argent représentait le buste de Charlemagne et de l’autre côté, une croix. Ce fut la première pièce frappée des deux côtés.
Saint-Louis imposa un cours légal à la monnaie royale et se porta garant de la teneur de métal précieux.  L’écu d’or, avec le blason des rois de France à l’avers et des fleurs de lys avec une croix grecque au revers, fut utilisé jusqu’en 1640.Le premier franc a été créé pour régler la rançon de Jean II le Bon, prisonnier des Anglais. Le terme   « franc faisait » référence à la libération du roi qui s’était déclaré « franc », c’est-à-dire libéré.

En 1661, la Suède fut le premier pays européen à utiliser des billets de banque pour remplacer de très lourdes plaques de cuivre utilisées comme moyen de paiement. Le montant du billet était écrit à la main à l’encre noire. Ce fut un échec pour la banque de Stockholm.

Les premiers billets français, les billets de Law, virent le jour sous Louis XV mais ce fut un échec économique comme pour les assignats de la Révolution. La Banque de France créa ses premiers billets en 1800 : celui de 500 francs Germinal et celui de 1000 francs Germinal.
La Banque de France émit des billets spécifiques pour les Colonies et les Dom Tom.  Ils étaient illustrés par des faits marquants, des personnages illustres de leur histoire, par des paysages ou des scènes de la vie économique locale.
En 2014, Montreuil en Seine-Saint-Denis lança une monnaie locale citoyenne, « La Pêche » qui s’étendit à d’autres communes d’Île-de-France.

La fausse monnaie existe depuis l’Antiquité. La chouette athénienne avait été imitée par le gouverneur perse d’Égypte vers 331 avant Jésus-Christ. Pendant longtemps, la contrefaçon était punie de mort. Ceslaw Bojarski devint célèbre dans les années 1960 pour avoir contrefait des billets de banque de cent nouveaux francs « Bonaparte » avec une extrême fidélité.

Trois presses monétaires sont exposées : la presse à assignats du 18ème siècle, celle de Nicolas Thonnelier de 1845 entraînée par la vapeur et celle à taille douce de 1930.

La salle des coffres dispose d’outils multimédias qui permettent d’apprendre de façon ludique.
« Dessine-moi un billet » permet de connaître les éléments incontournables d’un billet. « La roue de l’euro » est un jeu qui invite à retrouver le pays d’émission de la pièce. Il est possible, par exemple, de toucher un vrai lingot d’or ou de soulever un facsimilé de barre d’or en tungstène pour apprécier la densité du métal. L’impression d’un billet à son effigie peut se faire en prenant la pose dans l’une des cabines, « le photobifton ».


presse à assignats


billet provisoire type 1848


lingot d’or à toucher

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Histoire de la haute couture

Partis de la place de l’Opéra vers la rue de la Paix avec un arrêt Place Vendôme pour remonter ensuite la rue Saint-Honoré, la rue Royale et enfin terminer au village Royal, voilà le parcours fait par le groupe des adhérents de Clamart Accueil pour découvrir les origines de la Haute Couture.
Pourquoi on commence par la place de l’Opéra ? Au 19 è siècle, c’est à cet endroit que pour les dames il fallait voir et surtout se faire voir. Nous sommes dans le siècle des grandes transformations du Baron Haussmann et de Napoléon III. La ville s’agrandit, s’organise, la thèse hygiéniste se développe et Paris devient la capitale de la Mode.
Le maître absolu de la Haute Couture est Paul Poiret avec une première adresse rue de la Paix. Ce dernier est embauché comme dessinateur de mode chez Doucet en 1898, fondateur d’une des premières maisons de haute couture, puis travaille chez Worth de 1901 à 1903. Ce terme de haute couture apparaît au début du 20è siècle. Avec Madeleine Vionnet, Paul Poiret est le premier à supprimer le corset en 1906 en créant des robes taille haute. Il devient ainsi un pionnier de l’émancipation féminine.
Madeleine Vionnet créatrice en 1912 est l’inventrice de la coupe en biais et du drapé ; elle crée des robes du soir qui moulent le corps et mettent en valeur ses formes. Cette grande couturière est une influenceuse majeure de la mode du 20è siècle. Elle arrête sa stratégie de commercialisation et continue son art en dispensant des cours (formation). Grande adepte du néo-classicisme et de l’antiquité grecque, dans les années 20 elle retourne à l’antique.
Entre les mains de qui est la Haute Couture ?
Á l’époque médiévale la couture est entre les mains de six corps marchands : drapiers – merciers – pelletiers – bonnetiers – orfèvres. Quatre de ces corporations vont se consacrer à ce qui est l’embellissement des toilettes, des accessoires, des bijoux. Les drapiers font appel aux couturières. Le désir de ces couturières est de s’affirmer. Sous le roi soleil les femmes font signer une pétition qui lui est présentée et à partir de ce moment-là elles sont reconnues. Les tailleurs conserveront le port de robe, tout ce qui est modelage du corps ; en 1781 ils perdent le privilège de la confection des vêtements.
Le père de la haute couture n’est pas français. Charles Frédéric Worth un anglais qui était installé au 7 rue de la paix, c’est là qu’il a commencé ses créations, vient s’installer à Paris qui devient la capitale de la mode au 19è siècle. Il créait pour les impératrices, les duchesses et au bout d’un moment sa femme va jouer le jeu. Á l’époque les collections étaient présentées sur des mannequins d’osier. La femme de Worth va défiler à son domicile entre les tenues qui sont présentées. Il vient d’inviter le métier de mannequin dans les années 1858/1860.
Autres noms célèbres :
Jeanne Paquin grande couturière française est l’une des premières à avoir acquis une renommée internationale, à la fin du XIXe siècle.
Les vêtements des Sœurs Callot ont été connus notamment pour leurs détails exotiques, l’utilisation des moires et des lamés, ainsi que de la dentelle et des passementeries.
La modiste Gabrielle Chasnel dite « Coco Chanel » crée des chapeaux et ensuite va s’orienter vers la création de mode. Elle crée le premier tailleur en jersey de soie. Elle est le « symbole de l’élégance française ».
Chanel icône de l’histoire de la mode est tout en nuance mais est à la fois antipathique – ce n’est pas une couturière elle est créatrice et ne dessine pas – elle va surtout draper et les petites mains vont coudre dans les ateliers – les dessinateurs font ce qu’elle visualise dans sa tête.
Premier chapeau en 1910, premier tailleur en jersey en 1913. 1921, création du parfum Chanel n°5 avec plus de quatre-vingt composants, il reste le parfum de plus vendu au monde encore aujourd’hui.1926 la petite robe noire de Chanel la « Ford de Chanel » en jersey de soie, jersey de laine, dentelle, …devient l’incontournable de la garde-robe féminine.
Chanel mettra la fermeture à éclair sur le côté et à l’intérieur – Chanel est la première à créer le décolleté du dos.
Couleur monochrome chez Chanel : noir, blanc, rouge ….
Les boutons Chanel sont des pièces uniques ou personnalisées avec les initiales incrustées et entrelacées.
Avec Christian Dior dans les années 40/50, le corset va revenir sous forme de guêpière. En 1947, il crée le new-look.
Nouvelle ancienne venue au n° 21 de la place Vendôme (près de l’hôtel Ritz), née en 1890 Elsa Schiaparelli romaine meurt en 1973. Elle avait fermé sa maison. Récemment la direction artistique décide de rouvrir.
Elle avait fait ses classes à Paris où elle avait ouvert une boutique. En 1917, elle crée le premier pull-over cravate qu’elle a tricoté. En 1954, après la guerre, Schiaparelli se cherche et ferme sa boutique. Hubert Givenchy en 1947 reprend les affaires artistiques de Schiaparelli. En 1950 il crée la première robe smoking.
Les droits Schiaparelli sont rachetés en 2006, la boutique rouvre en 2012 mais pour du prêt à porter. En 2017 Schiaparelli retrouve l’appellation haute couture qui est très codée. Rose shocking est un nom de couleur à tendance fuschia créée par Elsa Schiaparelli en 1937, cette couleur est déposée. Schiaparelli a été la première à intégrer la fermeture à glissière dans le vêtement féminin.
Le premier smoking est créé par Yves Saint-Laurent en 1966. Il est le seul créateur qui a ouvert au public sa maison de Haute Couture en 2009. Aujourd’hui, cette maison n’existe plus c’est uniquement une boutique de prêt à porter.
Cadolle est la créatrice du premier soutien-gorge « moderne » (1889), appelé à cette époque « corselet-gorge » ou « maintien-gorge » : marque par excellence du prêt à porter de sous-vêtement féminin.
Dans les années 1920 on évolue, la tendance sportive s’affirme. Le boyish, forme qui aplatit la poitrine, est tout simplement la touche féminine d’un univers garçon. . En d’autres termes, le style Boyish utilise les pièces basiques de la garde-robe masculine pour se l’approprier dans un look féminin, un rien glamour !
En 1947 Marcelle Rochas demande la guêpière à Cadolle. Souvent sans bretelles, la guêpière est une lingerie très sensuelle qui se porte parfaitement sous une robe bustier.
Années 60 on enlève le soutien-gorge. Années 80 le stretching développe la fermeté du corps de la femme, se muscler devient un nouveau code esthétique : le bodyfit. En 1989 retour au corset proposé plus fin.

Différence entre créateur et haute couture
Un créateur peut l’être en maroquinerie, chaussures, sous-vêtements…. Et n’est pas nécessairement un grand couturier. Dans la haute couture on est uniquement créateur de Haute Couture.
Le titre de Haute Couture est décerné par le ministre de l’Industrie et la Fédération Française de la Haute Couture. On compte environ une centaine de noms dans la Haute Couture. Pour obtenir ce titre il faut un atelier en France.
En 1910 la chambre syndicale de la couture est créée. Entre les deux guerres une hiérarchie va se mettre en place entre les membres de la chambre syndicale de la couture parisienne. En 1920 le groupe le plus élitiste mené par Madeleine Vionnet se détache. En 1930 ce groupe va se réunir sous le terme de la PAIS (Protection des Associations des Industries artistiques Saisonnières) terme qui n’existe plus aujourd’hui.
La chambre syndicale de la Haute Couture fait partie des trois composants de la Fédération Française de la couture, du prêt à porter et des créateurs de mode.




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Le château de Sceaux

Après avoir eu différents propriétaires, le château de Sceaux fut acheté par le département de la Seine et devint, en 1937, le musée de l’Île-de-France. Attribué ensuite au département des Hauts-de-Seine, il prit le nom de « Musée du Domaine départemental de Sceaux » en 2015.
Après avoir acquis la seigneurie de Sceaux en 1670, Jean-Baptiste Colbert agrandit le château en faisant ajouter deux longues ailes, terminées chacune par un pavillon. L’un renfermait une orangerie et une chapelle et l’autre, les cuisines et la conciergerie. Il fit construire des écuries, l’entrée d’honneur, le pavillon de l’Aurore décoré par Charles Le Brun en 1672. Le jardin fut aménagé par André Le Nôtre et des cascades furent construites ainsi que le bassin de l’Octogone à l’emplacement d’un étang. Il donna des réceptions fastueuses dans son domaine et y reçut Louis XIV.
Colbert, qui avait cumulé presque toutes les charges de l’État et qui possédait une sorte de Petit Versailles, tenait à rester à sa place par rapport au roi. Les groupes animaliers des guérites d’entrée, attribués à Jean-Baptiste Théodon, font allusion aux vertus de Colbert : le chien témoigne de sa fidélité envers Louis XIV, et la licorne symbolise l’honnêteté du ministre. Dans les armoiries de Colbert, la couleuvre, qui se dit coluber en latin, incarne l’intelligence et la sagesse.

Colbert mourut en 1683. Le domaine de Colbert s’étendait sur 70 hectares. La perspective, dessinée par André Le Nôtre, s’arrêtait au niveau du dernier bassin. Derrière le mur de la propriété se trouvaient des marécages. Le domaine revint au marquis de Seignelay, fils aîné de Colbert, qui fit construire l’Orangerie par Jules Hardouin-Mansart pour y entreposer les œuvres d’art qu’il collectionnait. Elle fut réduite d’un tiers à cause d’un obus de la guerre de 1870. Il fit agrandir le parc en achetant la seigneurie de Châtenay. Il fit creuser le Grand Canal. Il mourut subitement à 39 ans.
Le domaine fut vendu en 1700 au duc du Maine, fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan. Son épouse, Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon, très fière d’être de lignée royale, se sentait humiliée en raison de son mariage. Elle était surnommée « La poupée de sang » en raison de sa petite taille. Pour riposter aux moqueries, elle créa l’ordre de la mouche à miel qui lui permit d’installer une cour littéraire dont fit partie Voltaire. La duchesse était très cultivée et voulait étudier les sciences et les techniques. Nicolas de Malézieu, homme de lettres et mathématicien qui habitait une maison à Châtenay, lui donna des leçons d’astronomie. Elle était bonne danseuse. Elle jouait du clavecin. Elle n’aimait pas l’étiquette à Versailles. Insomniaque, elle organisa des fêtes et des divertissements. Ce fut l’époque des fameuses “Nuits de Sceaux” de 1705 à 1753. À la mort de Louis XIV en 1715, elle chercha à se venger du régent, Philippe d’Orléans qui avait, en faisant casser le testament du roi, écarté le duc du Maine de tout rôle politique. Elle voulait que la régence revienne au roi d’Espagne. Lorsque le complot fut découvert, elle fut arrêtée et emprisonnée pour un an. Elle reprit ses activités en tenant sa cour. Le duc mourut en 1736 et la duchesse en 1753. Leurs fils, le prince de Dombes et le comte d’Eu, héritèrent successivement du château.

En 1775, au décès du comte d’Eu, le duc de Penthièvre, son cousin, hérita du domaine. Louis-Jean-Marie de Bourbon, fils du comte de Toulouse et petit-fils de Louis XIV, fit construire le bâtiment de l’Intendance derrière les écuries. Il ouvrit le parc au public et voulait des espaces plus sauvages. Comme il était très bon avec le peuple, il fut épargné à la Révolution mais sa belle-fille, la princesse de Lamballe, fut atrocement massacrée en septembre 1792.
En 1791, il avait donné le domaine à sa fille, la duchesse d’Orléans, mariée à Louis-Philippe d’Orléans. De ce mariage naquit Louis-Philippe, roi des Français. Le duc de Penthièvre mourut en mars 1793. Ses biens furent confisqués comme biens nationaux en avril 1793.
Le domaine de Sceaux devint une exploitation agricole. Le château, vidé de son contenu, servit, au rez-de-chaussée, d’entrepôt pour le foin et les graines. Les statues du parc furent enlevées et les cascades démontées. En 1798, l’État vendit la propriété à Hippolyte Lecomte, riche négociant qui transforma le parc en terres agricoles. Il fit démolir le château de Colbert très délabré en 1803 pour en vendre les matériaux. Sa fille, qui avait épousé le duc de Trévise, hérita des biens.
Entre 1852 et 1856, le duc et la duchesse de Trévise firent construire un nouveau château de style néo-Louis XIII par l’architecte Auguste-Théophile Quantinet puis, son successeur, Joseph-Michel Le Soufaché et replanter le parc selon les dessins de Le Nôtre. Ils donnèrent dans leur domaine de Sceaux fêtes et réceptions brillantes.
À leur mort, le fils aîné hérita du château qu’il légua à son frère, le marquis de Trévise. La demeure resta dans la famille jusqu’à la mort de la marquise de Trévise en 1923. Leur unique héritière vendit les 220 hectares au Conseil général de la Seine, se réservant le Petit château.
Le Conseil général de la Seine restaura le parc puis en lotit une partie en 1930. La façade du pavillon du Hanovre, boulevard des Italiens à Paris, fut remontée à la lisière du parc en 1932.



la licorne et le dragon



le salon de Colbert



le dogue et le loup

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