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À l’épreuve du temps, « Momies »
Le mot « Momie » désigne au Moyen Âge le baume de momie puis à partir du 16e siècle, le corps conservé, desséché ou embaumé.
Les plus anciennes momifications intentionnelles connues sont celles du peuple Chinchorro en Amérique du Sud qui ont environ 9000 ans. De nos jours, elles sont encore pratiquées chez les Toraja en Indonésie.
Le but de la momification est de préserver de la décomposition un cadavre humain ou animal, parfois seulement de façon temporaire. Il en existe dans le monde diverses formes. Cette pratique est plutôt réservée à l’élite ou à une catégorie sociale spécifique.
Les défunts momifiés peuvent être exposés, portés en procession ou même mis en scène comme à Palerme en Sicile dans les catacombes des Capucins.

Conserver, c’est bloquer l’action des enzymes, des bactéries et des insectes. Certains agents naturels comme le froid, la chaleur, l’acidité de certains milieux, favorisent la conservation des corps en raréfiant l’oxygène et/ou l’eau.
Le corps d’Ötzi, vieux de 5 200 ans, a été retrouvé en 1991 dans un glacier alpin. Il avait été momifié naturellement par congélation et déshydratation. Une patte de mammouth laineux de 12 000 ans avant notre ère a été découverte en Sibérie en 1908 dans le pergélisol.
La chaleur du soleil a permis par exemple, la momification naturelle des défunts du bassin de Tarim, dans le désert du Taklamakan en Chine actuelle, qui ont environ entre 3000 et 4000 ans. Certains petits animaux morts peuvent aussi se dessécher au soleil.
Dans la tourbière de Tollund au Danemark, le cadavre d’un homme, parfaitement conservé, a été trouvé en 1950. Il portait encore au cou la corde avec laquelle il avait été pendu. L’acidité du milieu a provoqué une momification par tannage de la peau qui se rigidifie.

Les momifications intentionnelles s’accompagnent de rites funéraires différents selon les régions du Monde.
Dans une région de l’actuel Pérou, entre 1000 et 1400 ans, les Chancay éviscéraient le corps, habillaient et paraient le mort. Il était ensuite replié sur lui-même et serrait avec des bandelettes de bourre de coton. Enfin, le corps, accompagné parfois d’offrandes et d’objets personnels, était disposé dans un fardo (« paquet funéraire »). Puis, il l’inhumait sous le sable du désert dans une fosse commune.
En Égypte, les organes étaient conservés dans des vases canopes qui étaient placés dans la chambre funéraire à côté du sarcophage. Le corps était recouvert de cristaux de natron afin de le dessécher. Il était enduit de plusieurs couches d’huiles végétales et animales aux propriétés antibactériennes. Des amulettes étaient posées sur le défunt avant de l’entourer de bandelettes. Puis, il était placé dans un sarcophage peint et gravé.
Chez les Guanche, sur l’île de Tenerife, la momification par boucanage fut pratiquée du 3e au 14e siècle. Les graisses corporelles étaient déshydratées par l’action de la chaleur et de la fumée.
Entre 800 et 1850, les personnes importantes marquisiennes étaient desséchées au soleil puis, inhumées. Quelques années plus tard, les ossements étaient récupérés et certains crânes étaient ornés pour être exposés. En général, après la dessiccation, les corps étaient inhumés au sein de cimetières sacrés, certains dans un cercueil-pirogue pour faire la traversée vers l’au-delà.
Au 19e siècle, des liquides ou des baumes chimiques furent injectés pour conserver les corps. La thanatopraxie est la pratique moderne de préservation des défunts avant inhumation ou crémation. Depuis la fin des années 1960, la cryogénie permet de préserver les corps dans des cuves extrêmement froides.

167 scientifiques se joignirent aux soldats de Bonaparte lors de la campagne d’Égypte, menée entre 1798 et 1801. De très nombreux objets ainsi que des restes humains et d’animaux furent collectés. Les défunts momifiés, rapportés en Europe, devinrent des curiosités attirant les foules. Ils étaient revendus, débandelettés en public… D’autre part, le commerce de fausses momies se développa. Les momies rapportées des Andes au 19e siècle suscitèrent le même engouement.
Au 19e siècle, l’archéologie était en vogue. Les musées et les amateurs privés constituaient leurs collections à partir de fouilles, plus ou moins légales. Les défunts momifiés étaient considérés comme des objets et non comme des personnes. Les scientifiques les comparaient, les classaient…
Aujourd’hui, l’étude d’un défunt momifié permet de reconstituer son mode de vie, sa santé, son alimentation, ses déplacements, ses vêtements, ses pratiques esthétiques, ses croyances et ses rituels funéraires grâce aux techniques médicales.
Ces humains momifiés sont avant tout des personnes. Le Code civil indique que « le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort ». Pour des raisons éthiques, une réflexion est en cours quant à la conservation et l’exposition de restes humains par les musées. Le musée de l’Homme a proposé une muséographie respectueuse de la dignité humaine pour les neuf défunts momifiés présentés. Désormais, les défunts exhumés, lors de fouilles, restent dans leur pays d’origine.

Un respect actuel, à mille lieux de l’époque où l’on réduisait des momies sous forme de poudre ou d’onguent, car on leur prêtait des vertus pharmaceutiques. On retrouvera jusqu’à la fin du XIXe siècle de la poudre de momie sous forme de pigments dans la peinture, d’engrais pour les champs, ou de combustible pour les trains à vapeur, avant qu’elles ne deviennent des objets de curiosité scientifique.

Têtes postiches du fardo

Coffre à vases canopes

 Le corps de Mow-Oroah
chef tahitien de George Tobin (1792)

Fausse momie d’enfant dans son cercueil
Aksoum, Éthiopie (19ème siècle)

 

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Exposition Jean Dubuffet

Le Musée Français de la Carte à jouer en partenariat avec la Fondation Dubuffet a présenté une exposition à la Tour aux Figures de Jean Dubuffet. Cet événement marque le 40è anniversaire de la décision d’édifier ce monument à la pointe de l’île Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux. L’exposition retrace l’histoire mouvementée de l’une des œuvres les plus emblématiques de Jean Dubuffet. De sa conception en 1967 à son installation sur l’île saint-Germain en 1988. La Tour aux figures incarne l’audace d’un artiste qui a su transformer ses recherches plastiques en expérience immersive et monumentale.
Classée monument historique en 2008, cette commande majeure de l’État a fait récemment l’objet d’une restauration exceptionnelle grâce au département des Hauts-de-Seine qui en est devenu propriétaire en 2015.
Juillet 1962 : Jean Dubuffet est au téléphone. On ne sait pas avec qui. On sait qu’au cours de la conversation il griffonne machinalement des dessins au stylo-bille. Il n’est pas le seul à s’être prêté à cet exercice mais il est le seul à avoir prêté autant d’attention à ces divagations graphiques, au point de les réunir dans un livre, auquel il donne le titre de « l’Hourloupe ». Ce mot déposé et breveté est une invention du peintre.
Cet ouvrage a fini par qualifier le cycle des travaux le plus long , le plus dense jamais réalisé par l’artiste. Cela l’aura occupé pendant douze ans de 1962 à 1974.
Cette écriture cellulaire aux couleurs réduites aux encres bleue, rouge et noire du stylo-bille caractéristique d’un style « Dubuffet » se propage tous azimuts. Il dit que la nature de l’Hourloupe est expansive.
En décembre 1968 : l’exposition Dubuffet ouvre ses portes au musée des Arts décoratifs à Paris. Le public découvre ses multiples projets, il mène plusieurs expérimentations et étudie de juillet 1967 à juillet 1968, la possibilité de réaliser la Tour aux figures. La découverte du polystyrène expansé en 1966, lui permet de développer des maquettes, des photomontages, des plans, ou le fantasque, l’invention explosent.
En mai 1973, se déroulera l’inauguration d’une réalisation au pied de Chase Manhattan Bank à New-York. Autre projet d’une sculpture monumentale pour l’esplanade de la Banque Lambert à Bruxelles : projet qui sera abandonné en 1974. Entre 1973 et 1974 il imagine dix nouvelles tours. Loin d’être uniforme, elles se distinguent par leur volume, leur découpe, leur peinture polychrome.
C’est en mai 1983, que Jack Lang alors Ministre de la Culture, retiendra l’œuvre complexe de la Tour aux figures qui enveloppe une autre œuvre le Gastrovolve. Son lieu d’implantation sera décidé, en janvier 1985, après de multiples péripéties. Elle sera inaugurée le 24 octobre 1988.

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le Cirque d’Hiver
Le cirque Napoléon voit le jour le 11 décembre 1852 grâce au duc de Morny, demi-frère du prince Louis-Napoléon Bonaparte, qui obtient l’autorisation de construire, et à Jacques Ignace Hittorff, son architecte. Le cirque est pour l’essentiel voué à l’art équestre. Seulement quelques années plus tard, le 12 novembre 1859, le cirque s’illumine grâce au « trapèze volant », tour inventé par le toulousain Jules Léotard.

Devenu Cirque National en 1870 puis Cirque d’hiver en 1873, le bâtiment – de plan polygonal et d’une capacité initiale d’accueil de plus de 5 000 personnes – est racheté par Pathé en 1907 pour être transformé en salle de cinéma. Redevenue cirque en 1923, la salle est vendue en 1934 aux quatre frères Bouglione, déjà célèbres.
C’est le début d’une passion familiale pour un lieu d’exception : le dernier cirque en dur de Paris, auquel le nom Bouglione est accolé depuis plus de 80 ans.
Les décorations intérieures et extérieures ont été confiées aux grands sculpteurs et peintres de l’époque.
La capacité actuelle a été ramenée à 1 650 places suivant les normes de sécurité incendie contemporaines.
En plus des spectacles de cirque traditionnel, la salle accueille des concerts, des spectacles de variété et des réunions politiques. C’est un cirque très reconnu par la communauté internationale depuis plus de 100 ans.
Le Cirque d’Hiver fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 10 février 1975.
La visite permet non seulement d’évoquer l’architecture et le décor du bâtiment, l’histoire de la famille Bouglione, mais aussi de découvrir les coulisses, les loges des artistes, d’accéder aux pièces ou sont rangés leur tenue de scène.
Un voyage mémorable dans un univers fascinant, merveilleusement onirique…..

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Spectacle « WOLF»
La compagnie Circa présente « WOLF » ou le loup.
La compagnie Circa s’impose comme l’une des plus flamboyantes ambassadrices d’un cirque contemporain australien d’une grande vitalité.
Elle crée des spectacles épurés, centrés sur le corps, alliant esthétique, modernité et performance, tout en convoquant force, émotion et chaleur humaine.
Avec cette nouvelle création, présentée pour la première fois en France, nous avons assisté à une avalanche de sauts, portés, chorégraphies intenses et acrobaties virtuoses, qui nous ont époustouflés.
« WOLF » libère sur scène une énergie animale. Les corps occupent l’espace, se heurtent, s’affrontent ou composent au contraire un mouvement collectif. Les dix interprètes époustouflants, repoussent un peu loin les limites de leur cirque survolté, tiraillés entre des instincts sauvages et une humanité à fleur de peau. La musique joue un rôle important dans ce spectacle : musique tenace, obsédante, lancinante, répétitive.
Très beau spectacle donné au théâtre Sylvia Montfort. On en ressort ébloui.

                      

 

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